La pleurante des rues de Prague

"Cette inconnue, qui donce est-elle?

Une vision, elle-même porteuse, semeuse de visions. Une vision avare de ses apparitions. Elle ne s'est montrée que peu de fois, et toujours très brièvement. Mais chaque fois sa présence fut extrême.

Une vision liée à un lieu, émanée des pierres d'une ville. Sa ville, -Prague. Jamais elle n'a paru ailleurs, bien que certainement elle en ait le pouvoir.

Cette femme n'a ni nom, ni âge, ni visage. Peut-être en a-t-elle les tient cachés. Son corps est majestueux, et inquiétant. Elle est immense, une géante. Et elle boite fortment.”

 

 

 

 

Ediciones

Edición Editorial Páginas ISBN Observaciones
1992 Éditions Gallimard
129
9782070388813
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Imagen de Azafrán

Nous sommes confrontés à une allégorie de la souffrance de l'humanité représentée par une femme, peut-être parce que le cœur de la femme, la mère, est plus encliné à comprendre et à protéger l'enfant dans sa souffrance, sa solitude, ses craintes.

La muse qui inspire l'écrivain directement ce travail, c'est l'humanité souffrante. “Elle est entrée dans les page du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide…” (page 15)

Le livre se compose de douze chapitres (11 apparitions et un épilogue) qui recueillent des moments où il croit voir la muse inspirante. Ces moments sont liés à des personnages qui ont souffert ou sont morts injustement dans les rues de Prague. “Une visión liée à un lieu, émanée des pierres d’une ville, Prague”. (page 19)

L'apparence avec laquelle l'auteur représente cette femme est désolante. “La femme n’a aucun souci de sa mise. Les gens dont le coeur est trop un, inconsolé, sont ainsi. Plus rien ne peut vêtir ceux dont le coeur gît dans la nuit, dont les pensées s’effrangent au fil des rues désertes.” (page 20)

“Elle tanguait doucement, toute voilée de fumerolles. Elle s’en allait.Elle a toujours cette allure de quelqu’un qui s’en va, de quelqu’un qui  s’éloigne pour ne plus revenir… Elle avance à rebours dans le regard et la mémoire” (page 28)

“Cette femme n’avait pas de visage qui lui fût propre, elle n’était pas même une personne unique, un individu, -elle étaist plurielle. Son corps était un lieu de onfluence d’innombrables souffless, larmes et chuchotements échapés d’autres corps.” (page 33)

“Elle était une visión provenant de quelque mystérieuse condensation de larmes et de douleurs émanées d’hommes et de femmes, et d’enfants également, pris dans les rets du malheur.” (page 35)

“Cette pleurante boite sans fin entre deux mondes, celui du visible et celui d’invisible, celui du présent et celui du passé, celui de la chair et du soufflé et celui de la poussière et du silence. Elle louvoie d’un monde à l’autre, -passeuse clandestine de larmes mêlées, celles des disparus des vivants.” (page 39)

Sylvie Germain cite quelques noms de ceux qui ont été noyés dans la douleur comme l'écrivain Bruno Schluz, tué par une balle dans le dos dans les rues de Prague, dont les lettres qui avaient emflammées l'insurrection de Varsovie, sont trouvées un demi-siècle plus tard, à Prague.

“C’était un temps où certains hommes avaient ordonné à d’autre hommes de porter une étoile…” (page 43) Quand un petit garçon de Terezín a écrit son poème. “Un petit garçon qui ne devint jamais un homme, mais qu’on livra aux cendres, au vent…” (page 50) Quand “les lilas fleurissaient la mémoire des enfants morts, les yeux de tous les enfants de Terezín refermés au seuil de la beauté du monde.” (page 51)

Et aussi, pourquoi pas, la douleur de l'écrivain, elle-même qui alimente la mémoire des yeux de son père. La douleur dans sa dimension personnelle. Intime.

“Les yeux de mon père, couleur noisette.

Les yeux de mon père qui n’avaient plus, depuis de mois, qu’un pain de ciel a fixer; un pan se ciel de la largeur ce la fenêtre qui faisait face à son lit. Un pan de ciel dans le quartier d’Auteil.” (page 56)

Peut-être, la plus belle image de la pleurante des rues de Prague est celle d'une matrone. “Un soir elle apparut comme jamais encore elle ne s’était montrée. Elle se tenait assise au flanc de la colline de Vysehrad. Sa taille et son volumen n’était plus seulement ceux d’une géante, mais d’un colosse démesuré (…) Et soudain elle pencha légèrement son buste en avant, ouvrit les bras et les tendit vers la ville entière à venir se coucher sur ses genoux, à venir se reposer entre ses bras.

Et elle souleva la ville, tout doucement. Ella la souleva comme une mère son enfant, et la posa sur ses genoux pour la bercer.” (pages 61 et 62)

Prague, la ville qui souffre toute la douleur de son peuple. La douleur de Sarah fille, que son père peint des roses sur le mur de sa chambre parce qu'elle ne pouvait pas parcourir les rues glacées sans chaussures; la souffrance de l'enfant Jean Népomucène qui se s'est noyé dans la rivière Vltava à cause de l'ordre de l'Empereur ... Toutes les douleurs, elle acceillle toutes les souffrances.

Sa mission accomplie, la pleurante des rues de Prague rentre au livre, auquel elle appartient. Si quelque chose n'est pas clair, la faute est à l'écrivain. La géante au cœur brisé par la douleur vient de bien prononcer chaque mot: arbre, horizon, enfants, amants, vent, Dieu ...

“Le mot Dieu a la sonorité d’un tombeau vide vers lequel on se penche; le vide nous renvoie l’écho de nos appels. (…) Cet écho ne provient pas de nous, même si l’appel initial est proféré par nous. Il monte d’ailleurs, toujours d’ailleurs, - et vers cet ailleurs nous convie. (…) Notre appel, que l’on croit initial, est en vérité toujours second. Voilà pourquoi le nom de Dieu est le plus vide de tous les mots et ne peut jamais embrasser, maîtriser, retenir le sens qu’il ose ainsi désigner. Ce sens échappe au mot, e déborde de toutes parts.” (page 126)

“Le mot Dieu est une porte entre l’éternité et nous. Entre la plus haute joie d’aimer et nous”. (page 127)

“La géante marche entre ces deux espaces, ces deux temporalités, et c’est pourquoi elle boite. Et elle boite d’autant plus qu’elle ne parvient jamais à équilibrer le poids écrasant des crimes et des douleurs, du mal et malheur, avec la pitié sans mesure qui émane de Dieu.” (page 127)

Ceci n’est pas un livre, “(…) mais un ressassement d’appels et d’échos. Une claudication d’écriture, un balbutiement. Un pleuremente d’encre. Une attente.” (page 128)

ESPAÑOL

Estamos ante una alegoría del sufrimiento de la humanidad representado por una mujer, tal vez, porque el corazón de la mujer, de la madre, esté más inclinado a comprender y a amparar al hijo en su sufrimiento, en su soledad, en sus miedos.

La humanidad sufriente es la musa que inspira directamente a la escritora esta obra. “Entra en las páginas del libro como un vagabundo en una casa vacía.” Página 15

El libro está compuesto por doce capítulos (11 apariciones y un epílogo) que recogen momentos especiales en los que cree ver a la musa inspiradora. Esos momentos se relacionan con personajes que sufrieron o murieron injustamente en las calles de Praga. “Una visión ligada a un lugar, emanada de las piedras de una ciudad, Praga.” Página 19.

La apariencia con la que la autora representa a esa mujer es desoladora. “Una mujer sin ningún cuidado en su atuendo. La gente cuyo corazón está demasiado desnudo, desconsolado, es así. Nada puede vestir a aquellos, cuyo corazón habita la noche.”. Página 20 (…) “Cabecea al andar, dulcemente, completamente velada por las fumarolas de las chimeneas. Se va. Siempre tiene el aspecto de alguien que se va, de alguien que se aleja para no regresar (…) Avanza a contracorriente de la opinión y de la memoria.” Página 28 “Esta mujer no tenía cara propia. Incluso no era un individuo, -era plural. Su cuerpo era un lugar de confluencia de innumerables sufrimientos, lágrimas, alientos escapados de otros cuerpos.” Página 33

“Era una visión proveniente de alguna misteriosa condensación de lágrimas y de dolores emanados de hombres y mujeres, de niños igualmente, aprisionadas en los restos de la desgracia” Página 35

“Esta plañidera cojea sin fin entre dos mudos, el de lo visible y el de lo invisible, el de lo presente y el de lo pasado, el de la carne y el álito y el del polvo y del silencio. Ella acomoda un mundo al otro -traficante clandestina de las lágrimas mezcladas, las de los desaparecidos y las de los vivos.” Página 39

Y cita a algunos nombres de los que fueron ahogados en el dolor como el escritor Bruno Schluz, asesinado de un balazo por la espalda en las calles de Praga. Sus cartas que habían incendiado el levantamiento de Varsovia, aparecieron medio siglo después en Praga. “En aquel tiempo cuando algunos hombres habían ordenado a otros llevar una estrella” Página 43. “Cuando aquel niño de Terezín, Flanta Buass, escribió su poema, pero que nunca será un hombre porque sus cenizas se entregaron al viento.” Página50 “Las lilas florecían a la memoria de los niños muertos, los ojos de todos los niños de Terezín cerrados en el umbral de la belleza del mundo” Página 51

Y también, por qué no, el dolor de la propia escritora que alimenta el recuerdo de los ojos de su padre. El dolor en su dimensión personal. Íntima.

“Los ojos de mi padre, color de avellana. Los ojos de mi padre que ya no tienen un trozo de cielo azul en que fijarse. Un trozo de cielo del tamaña de la ventana frente a la que estaba su cama. Un trozo de cielo en el barrio de Auteil, en París.” Pág. 56

Quizás la imagen más bella de esta plañidera de las calles de Praga sea la de una gran matrona. “Un atardecer apareció como nunca se me había mostrado. Sentada en el flanco de la colina Visêhrad. Su tamaño y su volumen no eran solo los de un gigante sino los de un coloso desmesurado (…) Y de repente, inclinó ligeramente su busto hacia adelante, abrió sus brazos y los tendió hacia la ciudad como invitándola a venir a reposar sobre sus rodillas, toda entera, entre sus brazos. La levantó dulcemente. La alzó como una madre a su niño y se la puso sobre las rodillas para acunarla.” Págs. 61-62

Praga sufriente, todos los dolores de sus gentes. Los de la niña Sarah, a quien su padre pintaba rosas en la pared de su habitación porque no podía salir a las heladas calles sin zapatos, el sufrimiento del niño Jean Népomucène a quien ahogaron en el río Vltava por orden del emperador… Todos los dolores, todos los sufrimientos los acoge.

Cumplida su misión regresa al libro, al que pertenece. Si algo no ha quedado claro, el defecto es de la escritora. La gigante, con el corazón roto de dolor ha pronunciado bien todas las palabras: árbol, horizonte, niño, amantes, viento, Dios…

“La palabra Dios tiene la sonoridad de una tumba vacía hacia la que nos inclinamos. El vacío nos renvía el eco de nuestras llamadas. (…) Este eco no proviene de nosotros, incluso si la llamada inicial nosotros la hemos proferido. Viene siempre de más lejos y nos invita a más lejos (…) Nuestra llamada, que juzgábamos iniciativa, es en verdad, siempre la segunda. Es por eso que el nombre de Dios es la más vacía de todas las palabras y no puede abarcarse, retener el sentido que designa. El contenido de esa palabra, la desborda por todas las partes (…) La palabra Dios es una puerta entre la eternidad y nosotros, entre el infinito y nosotros. Entre la más alta alegría de amar y nosotros.” (pag. 126)

La gigante marcha entre estos dos espacios, estas dos temporalidades. Es la razón de su cojera, tanto más que ella no acierta nunca a equilibrar el peso aplastante de los crímenes y de los dolores, del mal y la desgracia, con la piedad sin medida que emana de Dios.” Pág. 127

“Esto no es un libro, sino un apaciguamiento a las llamadas de los ecos. Una rendición a la escritura, un balbuceo. Un lamento hecho tinta. Una espera.” Pág. 128